lundi 21 septembre 2009

De l'intêret de s'habiller selon les circonstances...

Cette semaine j'ai fait la connaissance d'un nouvel outil de pilotage des ventes: "La fiche d'activité"...
Il s'agit d'une fiche que chaque conseiller doit rendre à son directeur en fin de semaine afin de faire un point sur:
- les ventes effectuées
- les ventes à réaliser
- les raisons pour lesquelles on a pas réalisé les ventes qu'on devait réaliser et s'interroger sur comment faire pour les réaliser dans un futur très très très proche.

Toujours pleine de volonté et bonne élève dans l'âme (du CP au CM2, j'étais la première de ma classe quand même), j'ai essayé de mettre en pratique ma fiche d'activité sur la semaine.
Comme je vous l'ai dit la dernière fois, le dernier challenge portait sur le PEA (pour les nuls en finance le PEA c'est un plan d'épargne en actions). Or, je ne suis parvenue à en caser que 2 sur les 4 que je devais RÉALISER. Il fallait donc mettre le turbo sur ce produit.
Pourquoi n'arrivais je pas à atteindre mes objectifs? La première réponse qui me vint à l'esprit fut dictée par le bon sens: les clients avaient tellement perdu d'argent à cause de la bourse, que lorsque l'on prononçait le mot " actions" devant eux, ils sortaient leur revolver (pour paraphraser un célèbre théoricien de la culture).
Pourtant, ce n'était pas le type de réponse que ma charmante directrice accepterait. Les clients avaient besoin d'un PEA, ils n'étaient pas au courant, c'est tout. À moi de les en informer.
Donc je n'arrivais pas à vendre de PEA parce que je n'arrivais pas à les intéresser au produit (pas parce que ce dernier ne correspondait pas aux attentes du client).
Donc comment faire pour "intéresser le client"... Le temps m'était compté. Il fallait faire vite sinon la prochaine fiche d'activité serait aussi indigente que la précédente et la direction ne me ferait pas de cadeau.
De toute façon, il était trop tard pour réfléchir, le prochain client pointait le bout de son nez et je n'avais même pas jeté un coup d'oeil sur son compte. Il attendait patiemment près du percolateur qui débitait au choix: du café au goût de chaussette ou du thé au citron saveur liquide vaisselle.

Moi: Bonjour Monsieur Mifton, comment allez vous depuis la dernière fois? Et votre femme, comment va t elle?

Monsieur Mifton, un peu géné: Euh, ben justement elle doit venir me rejoindre. Elle est partie déposer les enfants à la garderie, alors...

Moi: Ah oui, c'est vrai! Comment vont vos adorables enfants? Le grand toujours un peu turbulent n'est ce pas?

("Un peu", tu parles! La dernière fois qu'il était venu avec son père, il avait failli déchiqueter toute la moquette de mon bureau en refusant d'enlever ses rollers. À présent, je tremblais d'effroi lorsqu'il m'arrivait de croiser cette petite terreur dans la rue.)

Monsieur Mifton, un peu vexé: Si vous voulez parler de la dernière fois, je pense que Steven s'est déjà excusé. En plus, c'est plutôt votre moquette qui a abimé les rollers de mon gamin pas l'inverse non?

À peine engagée, la discussion débutait mal. Afin de faire une pause dans l'entretien et de me détendre un peu, je décidais d'enlever mon foulard et de me pencher sur mon ordinateur afin d'étudier les comptes de mon client. À cet instant, je remarquai que l'expression de Mr Mifton avait changé.
Sans y prendre garde, en enlevant mon foulard, j'avais découvert une partie de mon décolleté et je percevais que cela n'avait pas échappé à mon interlocuteur. Il avait l'air beaucoup plus détendu et réceptif tout à coup. Je distinguais même un début de sourire sur un visage d'ordinaire mélancolique.
Pas de doute, je DEVAIS profiter de la situation.

Moi: Monsieur Mifton, vous n'avez jamais pensé à investir en bourse?

Monsieur Mifton, un peu géné: Euh enfin pas vraiment. Mais c'est surtout parce que je n'y connais rien. Mais euh si on m'explique, euh, pourquoi pas.

Profitant de la soudaine sollicitude de mon client, je décidais de mettre le paquet sur l'argument commercial du PEA (l'exonération fiscale, la disponibilité des liquidités au bour de 5 ans) enfin tout le baratin.
Seulement, lorsque je pensais que Monsieur Mifton allait enfin signer, je vis Madame franchir le seuil de la porte de mon bureau, essoufflée et comme à son habitude tout à fait antipathique. À la vue de son mari hypnotisé par mes propos mais surtout par une partie de ma personne, elle refusa tout net de signer quelque papier que ce fut...

ItaliqueCette mésaventure, si elle me fit rater une belle vente, me permit de méditer cette vérité:
On ne reçoit pas un homme seul comme l'on reçoit un couple. De l'intérêt de s'habiller selon les circonstances...

La semaine prochaine, je vous raconterai comment je suis parvenue à vendre des assurances à des gens déjà assurés sans le savoir...



3 commentaires:

  1. Bon, voilà, les hommes sont des cochons ... et des idiots qui signeraient n'importe quel papier pourvu que leur banquière soit jolie et affiche un charmant décolleté. Le pire, c'est que cela doit être vrai. Concernant le procès Clearstream dont vous attendez le dénouement, je partage le même intérêt, même si l'acharnement à se présenter comme victime de Nicolas Sarkozy me gêne profondément ... Pour un peu, je voterais pour de Villepin malgré le fait qu'il soit UMP (et noble) ... De cet article, j'en déduis que vous devez avoir de charmants attributs à mettre en valeur (que les hommes étaient des cochons, je le savais déjà ...). Amicalement. Saucratès (après quelques jours d'absence où je n'ai pas pu accéder à internet).

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  2. Merci pour votre message. Moi aussi j'ai eu des soucis pour me connecter à nouveau. Merci encore pour vos compliments, mais comme dans tout blog, il y a une part de réalité et une part de fantaisie... À vous de deviner de quelle part il s'agit.
    À bientôt,
    Mademoiselle.

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  3. Les hommes sont peu etre des cochons comme tu le dis Saucrates (en ayant bien pris soin de les mettre tous dans le même panier), mais que dire d'une banquière (je ne parle pas de l'auteur car l'on peut apercevoir bcp d'humour derrière ces dires) qui veut à tout prix atteindre ces objectifs,et pour çà par tous les moyens, tout en mettant un client dans une situation encore plus difficile que ce qu'il connait deja...financierement parlant...Personnellement, puisqu'apparemment,nous, les hommes, nous n'avons pas le choix quant à l'adjectif qui nous qualifie, je préfère être un cochon qu'un truand...PS: Ma petite amie ainsi que mon cousin sont banquiers, donc pour ceux qui n'ont pas compris, j'ai un profond respect pour ce corps de métier ;-)...et je ne vous parle pas d'un banquier cochon....;-)))

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